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Interview de Mounia KAMEL, candidate au concours externe de recrutement des CPE

Après l’interview d’Hayett NAFA, conseillère principale d’éducation néo-titulaire, le site internet académique des CPE part aujourd’hui à la rencontre de Mounia KAMEL, étudiante en Master 1 à l’ESPE d’Amiens, qui passera les épreuves écrites du concours externe de recrutement des CPE à partir de demain (les 13 et 14 mars 2018).

 Pouvez-vous revenir sur votre parcours avant d’intégrer le Master 1 MEEF parcours CPE de l’ESPE d’Amiens ?

J’ai un parcours assez atypique. En effet, j’ai obtenu un DEUG (Diplôme d’études universitaires générales) de sociologie en 2003. J’ai ensuite suivi une Licence en sciences de l’éducation mais ne l’ai pas validée. Après plusieurs expériences professionnelles dans des domaines différents (animation en centre de loisirs et de vacances, conseillère au pôle emploi, etc.), j’ai travaillé dans le commerce en tant que responsable d’une équipe pour une marque de prêt à porter et obtenu un diplôme de niveau II en tant que responsable marketing et commercial.
Au fur et à mesure que le temps est passé, j’ai pris de la distance et me suis rendu compte que ce n’est pas le commerce qui me plaît mais les relations humaines. L’idée de passer le concours de recrutement des CPE m’avait traversé l’esprit il y a 10 ans, mais la peur de l’échec avait pris le dessus. Aujourd’hui, j’ai décidé de me lancer pour ne pas avoir de regret !

 Et vous aviez déjà eu une expérience d’assistant d’éducation avant d’intégrer ce Master ?

Oui, j’ai été assistante d’éducation 4 ans au Lycée professionnel de l’Acheuléen à Amiens (de 2004 à 2008) et une expérience plus courte en 2011, au lycée Édouard Gand, à Amiens.

 Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer et de tenter le concours aujourd’hui ?

C’est mon expérience au Lycée de l’Acheuléen qui m’a permis de découvrir le métier de CPE. C’est la rencontre de personnes inspirantes qui m’a aujourd’hui rappelé à quel point je voulais faire ce métier. J’ai longtemps hésité et été encouragée à passer le concours mais je ne me sentais pas prête.

 Quels sont les aspects du métier qui vous attirent le plus ?

Le rôle de « médiateur-éducateur » du CPE, la transversalité de son action, le travail en équipe et en réseau, l’envie d’être au cœur de la vie scolaire des élèves, de pouvoir piloter une équipe et d’accompagner les élèves au quotidien, etc.

 Selon vous, quels doivent être les qualités d’un bon CPE ?

Les qualités pour être un bon CPE sont nombreuses et essentielles à la pratique du métier. A mon sens, un CPE doit savoir faire preuve d’une autorité bienveillante et d’une écoute active des élèves. Il doit également être dans la communication étant donné sa place centrale au sein d’un EPLE et les nombreux interlocuteurs qu’il peut être amener à rencontrer.

 Vous avez effectué un stage en lycée et un en collège. Le métier de CPE que vous y avez découvert est-il conforme à ce que vous attendiez ?

Le stage en lycée a commencé il y a peu et je n’ai pas encore suffisamment de recul pour analyser cette expérience. En revanche, au début du stage effectué en collège, structure que je connais moins que le lycée, j’étais curieuse de voir les différences dans le quotidien d’un CPE qui exerce au sein d’un collège. J’ai pu réaliser que ses missions restent les mêmes mais qu’elles sont traitées différemment, notamment du fait des problématiques adolescentes qui varient selon l’âge.

 Que vous ont apporté ces stages ?

Les stages nous permettent d’avoir une réelle approche pratique du métier, de faire un parallèle entre les missions et les compétences du CPE attendues et apprises lors de la formation. Et ainsi, ils nous permettent de nous rendre compte de l’écart qui peut exister entre la théorie et la pratique.

 Que vous apporte la formation à l’ESPE ?

Les six premiers mois de la formation permettent d’adopter un rythme de travail intensif mais nécessaire au vu à la quantité de connaissances demandée pour le concours. Toutes les disciplines ont donc un rôle à jouer. Elles sont à la fois complémentaires et transversales. Le lien se fait au fur et à mesure que la formation avance.
Certaines matières sont fondamentales et m’intéressent tout particulièrement. C’est le cas des sciences sociales (sociologie, histoire, philosophie et psychologie de l’éducation), du droit et de tout ce qui attrait au métier de CPE, les politiques éducatives, le fonctionnement des établissements scolaires, etc. Bien entendu les entraînements à l’écrit sont eux aussi fondamentaux pour mettre en œuvre et organiser nos connaissances.

 Les épreuves écrites du concours externe approchent. Quels sont pour vous les thèmes à maîtriser essentiellement pour ces épreuves ?

D’un côté la méthodologie, notamment pour l’étude de dossier, est essentielle et très technique d’où l’importance de ne pas négliger les entraînements proposés par les formateurs. Ensuite, chaque thématique devient essentielle. L’idée est selon moi de pouvoir créer des liens entre les thèmes et d’inclure des statistiques et/ou des citations pour apporter une plus-value à nos écrits.

  Selon vous, quels sont les thèmes qui risquent d’être au cœur de la session 2018 du concours ?

C’est LA grande question du moment ! Je ne sais pas vraiment, j’imagine qu’il y aura un parallèle entre deux thématiques comme lors des sessions précédentes. En ce moment, l’égalité filles/garçons est au cœur de l’actualité... Je vois bien aussi le décrochage scolaire pour faire un lien avec la notion « d’école bienveillante » ou encore un sujet sur le climat scolaire. Je préfère ne pas penser à une thématique spécifique. Je ne veux pas risquer de m’enfermer dans celle-ci !

  Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans la préparation des épreuves écrites ?

Le plus difficile a été pour moi de me remettre à la rédaction étant donné que je suis dans un processus de reconversion professionnelle. La dissertation permet de regrouper nos connaissances théoriques tant sur les livres de la bibliographie que sur les enseignements apportés lors de la formation. La note de synthèse est une épreuve très technique qui nécessite de nombreux entraînements afin d’être au plus près des attendus et de gagner en efficacité et en gestion du temps. A mon sens, l’organisation des idées pour la dissertation et la gestion du temps pour la note de synthèse sont les principales difficultés.

  Vous parliez de la bibliographie du concours, quel livre a retenu votre attention ?

L’ouvrage de Marie DURU-BELLAT et Agnès VAN ZANTEN intitulé Sociologie de l’école regroupe de nombreuses notions et connaissances en sciences sociales indispensables. C’est un ouvrage global et transversal qui ne s’attarde pas sur un seul thème comme la majorité des ouvrages de la bibliographie. Les ouvrages concernant le métier de CPE ont eux aussi retenu mon attention tels que Le conseiller principal d’éducation : de la vie scolaire à la politique éducative, coordonné par Jean-Paul DELAHAYE ou Devenir conseiller principal d’éducation de Sébastien BAUBY, Valérie HESCHUNG et Pierre-Jean VERGES.

  Pour finir, quel sujet d’actualité récent concernant l’éducation a retenu votre attention ces dernières semaines ?

Ce sont bien entendu les nombreuses mesures annoncées ces derniers mois par le Ministre de l’Éducation nationale, M. Jean-Michel BLANQUER, qui ont retenu mon attention. On retrouve donc l’organisation des lycées et la réforme du baccalauréat en 2021 (voie générale et technologique), l’orientation post-bac (Parcoursup), le changement des règles pour le redoublement dans l’élémentaire et le secondaire, la réflexion autour de la voie professionnelle, etc.

Mise à jour : 14 mars 2018