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Discrimination, violence et santé : formation du 11 février 2014

Une demi journée de formation a été organisée dans le bassin "Picardie Maritime" le mardi 11 février 2014 au Lycée Boucher de Perthes sur l’action de prévention du harcèlement "les sentinelles".

Discrimination, violence et santé

Psychologue communautaire

17 CPE sont présents dans le cadre de leur inscription au PAF, 7 avec un ordre de mission du chef d’établissement et une assistante de prévention du lycée Boucher de Perthes.
Suite à la récurrence d’une demande de la part des CPE du Bassin sur des exemples d’actions de prévention sur le harcèlement, nous avons fait venir Eric VERDIER de la ligue française de la santé mentale lors de la seconde demi-journée d’animation de bassin le mardi 11 février 2014 à Abbeville au lycée Boucher de Perthes.
La Ligue Française pour la santé mentale est une association de la loi 1901 créée le 15 janvier 1921, reconnue d’utilité publique en 1922, qui a aujourd’hui comme président Roland COUTANCEAU (auteur notamment de rapport sur la violence au sein du couple), Boris CYRULNIK, vice président, que l’on connaît plus particulièrement pour ses livres Les nourritures affectives, les vilains petits canards, etc…, ou encore Rachid BENNEGADI, Psychiatre-Anthropologue. Axée à l’origine sur les phénomènes de violences sur les femmes et dans le couple, la ligue est divisée aujourd’hui en 9 pôles parmi lesquels on trouve le pôle « discriminations, violence et santé » dirigée par Eric VERDIER.
L’objectif de sa venue (avec Vladimir, son collègue) était de présenter une action de prévention sur le harcèlement (« les sentinelles »). Cette action vise à former des adultes et des élèves au sein d’un établissement scolaire afin d’aiguiser la vigilance de chacun et d’intervenir sur ces phénomènes de boucs émissaires. L’expérience a été menée dans un collège de l’académie de Versailles, à Evry. (voir vidéos http://vimeo.com/85322704 ou http://vimeo.com/69808658 )
Un tour de table a été effectué pour connaître les attentes de chacun, tour de table qui laisse apparaître des interrogations à la fois sur l’efficacité de la sanction dans ces phénomènes de harcèlement, sur la loi du silence qui s’opère bien souvent, sur comment travailler avec le groupe, et notamment les témoins de harcèlement, comment construire des outils destinés à développer l’empathie, etc..

Toutes ces questions seront rapidement abordées, sachant qu’il ne s’agit là aussi que d’une présentation, le thème et les questions méritant, bien sûre, bien davantage qu’une simple demi-journée.

Eric VERDIER travaille davantage sur le phénomène de bouc émissaire, le harcèlement étant la « partie émergé de l’iceberg ». Le travail s’effectue selon un axe qui est celui de la psychologie communautaire (on travaille avec l’ensemble de la communauté éducative, avec un groupe).

Résumé de la partie théorique développée lors de l’intervention d’Eric VERDIER.
Phénomène de bouc émissaire

On peut définir le harcèlement comme étant la répétition de plusieurs actes contre une personne. Le harcèlement ne représente que la partie émergée de l’iceberg.
Il nait avec l’existence d’une différence. Dés qu’on ne reconnait pas la différence de quelqu’un, on prépare le terrain du harcèlement. Harcèlement qui peut conduire au suicide des jeunes. 25% des suicide de garçons sont liés à l’homophobie.
Souvent la réponse au harcèlement est soit la sanction soit le déplacement de l’élève, changement de classe, d’établissement, suivi psychologique,… La victime peut avoir l’impression que ce qui arrive est de sa faute.

Définition d’un Bouc émissaire : c’est quelqu’un qui endosse un comportement que le groupe auquel il appartient refuse d’assumer. D’où l’exclusion, l’indifférence qui est la pire des violences.

La sexualité est omniprésente dans les phénomènes de bouc-émissaires. Les insultes les plus courantes tournent d’ailleurs toutes autours de ce thème. (c’est ce que semble démontrer en tous cas un outil utilisé dans la formation qui est le mur des insultes).

Parfois le bouc émissaire peut aussi être victime de propos qui se rapporte à une vérité mais qu’il ne souhaite pas forcément que cela se sache.

Il existe parfois des choses entre les élèves qui ne sont pas forcément du harcèlement mais qui en sont les racines.

Les représailles et la sanction

Pour que la sanction soit efficace, elle ne doit pas être assimilé à des représailles, car sinon on reste dans le cercle vicieux de la violence. Dans une sanction, il faut donner du sens en prenant du recul.
Exemple : un 4ème (valentin) frappe au bureau de l’adjoint, « on dit toujours que je suis « PD », je suis homosexuel. J’en peux plus ». Valentin est un très bon élève de la classe, un intellectuel comme ils disent. 30% des jeunes harcelés sont des têtes de classe, essentiellement des garçons.
L’adjoint arrive dans la classe pour dialoguer directement avec les élèves responsables et les interpeller sur leur comportement.
La victime a besoin de voir que l’adulte prend des risques pour lui, pour lui montrer qu’il est important.
La sanction qui a été trouvée est celle du « grand pardon », cérémonie développée en Afrique du Sud suite à la fin de l’apartheid.
Cérémonie du grand pardon
Les auteurs de violence sont venus dans la classe de valentin, ils ont exposé les faits et Valentin a ajouté les oublis. Puis les harceleurs se sont excusés. Même chose dans la classe des harceleurs.

« Sentinelles » lutte contre le harcèlement à l’école. On considère ici qu’il faut s’occuper de la victime et laisser le harceleur de coté pour ne pas lui donner trop d’importance.
• Dans la formation : 6 adultes dont 2 extérieurs
• Témoigner par l’exemple
• Peux se jumeler avec la médiation par les pairs
• C’est un Programme communautaire : essentiellement des jeunes, mais aussi toute la communauté éducative.
Le harceleur est celui qui n’ a pas intégrer certaines normes sociales. Par rapport à un bouc émissaire il y a trois postures :
Le normopathe : il est témoin d’un abus mais il n’intervient pas ;
Le pervers : il a repéré la vulnérabilité du bouc émissaire et veut en abuser pour en jouir.
et la posture du bouc émissaire.
Le travail de l’adulte est ici d’ouvrir des espaces de vivre ensemble, de créer le lien avec le groupe, la résilience. On va recréer une autre façon de voir les choses.
Il faut responsabiliser « accepte-toi tel que tu es », travail sur l’estime de soi et développer l’empathie des normopathes « et si ça t’arrivait »
• Pouvoir donner du sens à son histoire, il n’y a pas de résilience sans la comprendre
• Avoir un tuteur de résilience : quelqu’un qui m’accepte comme je suis

Mise à jour : 16 avril 2014